Association Maladie et Accident au Travail

Aide aux victimes : maladie professionnelle et accident du travail


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CRRMP : Comité Régional de Reconnaissance des Maladies Professionnelles

Pour toutes vos questions l’Association est là pour vous répondre du Lundi au Vendredi de 9h00 à 18h00.
“Vous pouvez compter sur l’Association d'Aide aux Victimes de France pour vous épauler. Bon courage à chacun.”
Le président d’honneur de l’AVF, Patrick Kloepfer

Page mise à jour le 28/04/2020 par Association d'Aide aux Victimes de France

Qu’est-ce que le CRRMP ?

Le CRRMP est le Comité Régional de Reconnaissance des Maladies Professionnelles. Il a pour mission de montrer le lien de causalité entre une pathologie et une activité professionnelle.

Il y a un CRRMP par région, il est composé de :

  • Un médecin inspecteur du travail ;
  • Un professeur d’université-praticien hospitalier ;
  • Un médecin conseil régional de l’assurance maladie.

Ces trois médecins ont la charge de statuer sur l’origine professionnelle ou non d’une maladie à partir des éléments du dossier de maladie professionnelle de la victime.

Bon à savoir : Pour que le CRRMP soit saisit, il faut saisir la CPAM.

CRRMP : Pourquoi le saisir ?

Le CRRMP permet la prise en charge des Maladies Professionnelles inscrites sur les tableaux des maladies professionnelles mais aussi de celles dont l’IPP (incapacité permanente partielle) est au moins égale à 25% ou ayant entraîné le décès du patient.

Le CRRMP est chargé d’établir le lien direct entre le travail habituel du salarié et sa Maladies Professionnelles dans deux cas :

  1. Soit la maladie est désignée dans un tableau de Maladies Professionnelles mais les conditions fixées par le tableau ne sont pas remplies (durée d’exposition, délai de prise en charge, exposition professionnelle non décrite dans la liste limitative des travaux) ;
  2. Soit la maladie n’est pas désignée dans un tableau de maladies professionnelles et la victime est atteinte d’une incapacité d’au moins 25 % ou est décédée.

Quelles sont les adresses des CRRMP ?

Les CRRMP sont des comités qui sont saisie par la CPAM, ce n’est pas à la victime de les saisir ou de leur écrire directement. Les CRRMP sont constitués de trois médecins, vous pouvez récupérer une adresse où les joindre en vous adressant directement à votre CPAM.

CRRMP : Comment  le saisir ?

Pour saisir le CRRMP, il convient de s’adresser à la CPAM. Il faut constituer un dossier avec toutes les preuves (demande motivée signée, certificat médical, rapport effectué par le ou les employeurs avec circonstances précisant chaque poste tenu, rapport établi par le Médecin Conseil de la CPAM etc..).

Quel délai pour saisir le CRRMP ?

Le CRRMP qui est saisi  dispose d’un délai de 4 mois pour rendre une décision. Il a deux mois supplémentaires en cas de nécessité de procéder à des examens ou enquêtes complémentaires.

CRRMP : Qui rend la décision et comment la contester?

C’est  la caisse qui notifie la prise en charge ou non de la Maladie au titre de la législation Professionnelle en suivant les préconisations du CRRMP.

Le CRRMP doit  motiver son avis. Vous devez bien vérifier le contenu de l’avis rendu par le CRRMP.

Pour contester l’ avis du CRRMP, il faut saisir la CRA, Commission du recours amiable qui dans l’immense majorité des cas ne fera que confirmer la décision du CRRMP. Il faudra alors saisir le tribunal qui demandera , selon l’article R 142-24-2, l’avis du CRRMP d’une autre région. De cette manière, ce ne seront pas les mêmes médecins qui évalueront votre dossier. A cette étape, il peut être utile de vous faire accompagner par un professionnel du milieu (expert d’assuré, avocat ou médecin), n’hésitez pas à contacter l’association si besoin.

Vous pouvez consulter notre article sur comment contester une décision de maladie professionnelle.

CRRMP : exemple de jurisprudence d’un décision alors que le CRRMP avait rendu un avis défavorable. La victime a obtenu gain de cause

  Cour de cassation  CRRMP 19 décembre 2002

Attendu que Jean X…, salarié de 1965 à 1993 des établissements Bonduel Textiles comme préparateur en colorants et magasinier droguiste, a déclaré, le 7 mars 1993, une maladie professionnelle prévue par le tableau 10-Ter ; qu’après avoir recueilli l’avis du CRRMPde Lille, la Caisse primaire d’assurance maladie a refusé de prendre en charge l’affection au titre des maladies professionnelles ; que le tribunal des affaires de sécurité sociale a, le 4 septembre 1997, fait procéder à une enquête administrative par la Direction régionale des affaires sanitaires et sociales ; qu’il a, le 26 mars 1998, saisi en application de l’article R. 142-24-2 du Code de la sécurité sociale le CRRMP de Nancy avec mission de dire si la maladie avait pour origine l’exposition professionnelle ; que ce  CRRMP a émis l’avis que si Jean X… a été incontestablement exposé à des poussières de bichromate de potassium, il a présenté un tabagisme non négligeable, et que le caractère multifactoriel du cancer du poumon ne permettait pas d’établir que cette affection avait été directement causée par le travail habituel ; que, le 18 mars 1999, le tribunal des affaires de sécurité sociale a dit que la maladie déclarée ne relevait pas de la législation professionnelle ; que la cour d’appel a infirmé ce jugement et accueilli la demande de Jean X… (Douai, 8 janvier 2000) ;
Attendu que la Caisse primaire d’assurance maladie et la société Bonduel Textiles reprochent à l’arrêt attaqué d’avoir ainsi statué, alors, selon le moyen unique du pourvoi principal :
1 / qu’il résulte des dispositions de l’article L. 461-1, alinéa 5, du Code de la sécurité sociale que l’avis rendu par le CRRMP sur tous éléments d’ordre médical s’impose à la Caisse dans les mêmes conditions que celles fixées à l’article L 315-2 ; qu’en remettant lui-même en cause les deux avis rendus en l’espèce par les CRRMP  du Nord et de Lorraine-Champagne-Ardennes quant à l’incidence respective du travail et du tabagisme de Jean X… sur l’apparition de l’affection litigieuse, la cour d’appel a violé par fausse application les textes susvisés ;
2 / qu’en statuant ainsi, et en ajoutant même que le tabagisme n’était pas l’unique cause de la maladie de Jean X…, la cour d’appel a tranché une difficulté d’ordre médical sans mettre en oeuvre la procédure d’expertise technique visée à l’article L 141-1 du Code de la sécurité sociale, qu’elle a donc violé par fausse application ainsi que l’article R 142-24 du même code ;
et alors, selon le moyen unique du pourvoi incident :
1 / que les avis rendus par les CRRMP sur les éléments d’ordre médical s’imposent à la Caisse ; qu’en remettant en cause les avis motivés donnés par les deux CRRMP  s’étant prononcés contre la reconnaissance du caractère professionnel de la maladie de Jean X…, la cour d’appel a violé les articles L. 461-1, L. 315-2 et R. 142-24-2 du Code de la sécurité sociale ;
2 / que lorsque le différend fait apparaître une difficulté d’ordre médical relative à l’état du malade ou de la victime d’une maladie professionnelle, les juges du fond ne peuvent statuer qu’après la mise en oeuvre de la procédure d’expertise médicale ; que constitue une question d’ordre médical la recherche du lien de causalité entre un risque professionnel et l’affection du salarié, a fortiori lorsqu’il s’agit de déterminer si l’affection est imputable au travail ou à une autre cause personnelle au salarié, préexistante ou concomitante à l’exposition au risque professionnel ; qu’en l’espèce, la cour d’appel ne pouvait aucunement décider que le tabagisme avéré de Jean X… n’était pas la cause unique de sa maladie, sur la seule foi de certificats non contradictoires, sans diligenter l’expertise médicale obligatoire de l’article L. 141-1 du Code de la sécurité sociale ; qu’en retenant néanmoins le caractère professionnel de la maladie, au prétexte que le tabagisme n’était pas la cause unique de cette maladie, la cour d’appel a donc violé l’article L. 141-1 du Code de la sécurité sociale ;
Mais attendu qu’il résulte de l’article R. 461-1, alinéa 3, du Code de la sécurité sociale que si une ou plusieurs des conditions tenant au délai de prise en charge, à la durée d’exposition ou à la liste limitative des travaux ne sont pas remplies, la maladie telle qu’elle est désignée dans un des tableaux de maladies professionnelles peut être reconnue d’origine professionnelle lorsqu’il est établi qu’elle a été directement causée par le travail habituel ; que ce texte n’exige pas que le travail habituel soit la cause unique ou essentielle de la maladie ;
Attendu qu’il n’est pas contesté que Jean X… a été atteint d’un cancer pulmonaire prévu par le tableau 10-Ter, et que les conditions de celui-ci tenant au délai de prise en charge et à la durée de l’exposition aux bichromates alcalins sont remplies ;
Et attendu que l’arrêt retient que le CRRMP de Nancy a estimé que Jean X… avait été exposé de manière constante et habituelle au bichromate de potassium à l’occasion de ses fonctions, et qu’il présentait également des antécédents d’intoxication tabagique, de sorte que sa maladie avait une origine multifactorielle ; que la cour d’appel, sans remettre en cause l’avis du comité régional, a pu en déduire que la maladie de Jean X… a été directement causée par son travail habituel dans les conditions prévues par l’article L. 461-3 du Code de la sécurité sociale ;

PAR CES MOTIFS :REJETTE les pourvois principal et incident ;